Origines

Histoire : D’où nous vient la musique Barbershop ?

Le Barbershop est considéré comme une invention purement Américaine. Pourtant, ses premières origines remontent aux années 1600, en Angleterre. A l’époque, faute de musique d’ascenseur, les barbiers britanniques ont alors l’habitude de posséder une cithare (instrument à cordes pincées) dans leur échoppe, et de la mettre à disposition de leurs clients afin qu’ils jouent quelques notes selon leur envie, en attendant leur tour. Parfois, de réelles alchimies musicales se créent grâce à l’inventivité de chacun, certains clients allant par exemple jusqu’à remplir des chandeliers de pièces de monnaie pour ajouter une touche de percussion à la musique jouée par leur voisin. Cette cacophonie bon enfant est, déjà à l’époque, désignée par le terme « barber’s music », la musique de barbier.

Cette coutume est rapidement retrouvée à la fondation des États-Unis. Dès 1830, alors que seule la moitié Est du pays actuel fait véritablement partie des USA, on retrouve les premières mentions de « Barbershop Music ». Le salon de coiffure local est alors un lieu de rassemblement commun pour les hommes des classes moyennes, ceux qui ne peuvent pas se permettre d’adhérer à des clubs sociaux chics ou de fréquenter les derniers salons à la mode. Pour passer le temps, client ou barbiers commencent alors à fredonner des mélodies populaires, reprises par les autres hommes présents, chacun ajoutant sa touche personnelle et ses propres harmonies, dans un format de type appel-réponse.

Durant la deuxième moitié du XIXème siècle, les premiers véritables quatuors Barbershop apparaissent, en s’inspirant grandement de l’influence de la musique afro-américaine notamment. Les barbiers deviennent le lieu idéal pour chanter, répéter entre habitués, et former de véritables groupes, sur des chansons populaires, Spiritual, ou Folk. Le style est né. Un chant en harmonie rapprochée, à quatre voix, et a capella : le Barbershop !

The Gaurdsmen
The Gaurdsmen

L’age d’or du style Barbershop débute aux alentours des années 1890 grâce à la prolifération des partitions imprimées et à la présence d’instruments de musique (notamment des pianos, pour la composition des œuvres) dans la plupart des maisons de classe moyenne. Vient peu après le début de l’industrie musicale, qui permet de diffuser largement le genre, mais surtout ses « normes » et ses « codes ». La musique Barbershop connaît d’ailleurs son pic de popularité entre 1900 et 1920 ; elle est par exemple utilisée dans les music-hall américains où les quatuors effectuent de courtes représentations devant le rideau entre les actes, afin de permettre la préparation des décors et des costumes à l’arrière. C’est à cette période qu’apparaissent les costumes rayés, les moustaches disproportionnées, ou encore les chapeaux si caractéristiques : l’objectif est de pouvoir distinguer au premier coup d’œil la coupure avec le spectacle, même depuis les places bon marché situées loin de la scène !

Malgré tout, le Barbershop tombe peu à peu en désuétude, notamment face à l’explosion du Jazz à la fin de la première guerre mondiale (lors du fameux « Jazz Age » aux USA). Dès lors, le Barbershop sort des habitudes populaires et n’est plus pratiqué qu’occasionnellement, pour perpétuer la « tradition » du genre. En 1938, pourtant, quelques hommes décident de sauver le chant a capella, face notamment à l’arrivée massive de la radio. Levant des fonds et rassemblant tous les amateurs possibles, ils fondent alors la même année et en grand nombre l’association de préservation et d’encouragement au chant Barbershop, la célèbre S.P.E.B.S.Q.S.A. (« Society for the Preservation and Encouragement of Barber Shop Quartet Singing in America »), qui devient par la suite (assez récemment, en 2004), l’incontournable « Barbershop Harmony Society ».